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Je vous propose aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, un poème.

Comment cela un poème ? Oui, un poème.

Il n’est ici nullement question de péroraison poétique finalisant une démonstration imparable sur l’archaïsme de la procédure contentieuse administrative qui justifierait une vraie réforme et non pas seulement une réformette initiée sous l’impulsion de la section du contentieux du Conseil d’Etat (et toc ! c’est quand même dit), pas plus qu’il n’est ici question de l’analyse de la notion de droit acquis en droit français à la lumière de la belle prose de notre belle déclaration universelle des Droits de l’Homme, il n’est….
Arrêtons ici cette introduction avant d’être, à juste titre, mis au pilori pour digression excessive et inutile.

Non, rien de tout cela.

La rédaction d’articles concernant le droit social au sens large (fonction publique et droit du travail) nourrit une réflexion alimentant un exercice professionnel quotidien riche et passionnant.

La permanence et la répétition quotidienne d’une telle réflexion n’est pas sans entraîner parfois quelques inconvénients. Pour ce qui me concerne, mon cortex cérébral s’assèche un peu et une pause s’impose (désolé pour la rime calamiteuse mais justement je ne suis pas poète).
Bref, un peu d’air ne fait pas de mal.

Guillaume CHAMPENOIS,
Avocat au Barreau de Versailles

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles travesties par des gueux pour exciter des sots,
et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles, sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, si tu peux conserver ton courage et ta tête
quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un Homme, mon fils.
Rudyard KIPLING

Je vous propose donc, à titre de récréation, la lecture et ou la relecture d’un poème de Kipling.

Ce poème, il faut le lire au calme, seul. Donc accessoirement je reconnais que c’est plutôt mal parti puisque la logique voudrait que vous soyez justement en train de travailler pour lire les lignes qui vont suivre.

Nul n’est parfait.

Si ce poème connu de tous ne vous fait pas réagir, s’il ne vous rappelle pas un moment ou un autre de votre relation avec votre père – même si vous êtes une femme, c’est parfaitement autorisé (Aï, Aï, pas taper) – , alors relisez-le.

Et si vous vous étonnez de la présence de ce poème sur ce blog, relisez-le quand même.

Et si enfin, vous avez plaisir à le découvrir ou à le redécouvrir, relisez-le encore car derrière le mot se cache une émotion.