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Un des dix projets du programme de travail de l’ANAP pour 2010 consiste à développer le “pilotage”, rien que ça, des établissements et services médico-sociaux (ESMS).

L’ANAP souhaite en effet intervenir en appui des établissements et services médico-sociaux “en vue de la construction d’un cadre global d’analyse et de remontée des données, permettant le pilotage des ESMS aux niveaux stratégique et opérationnel, et constituant :

– pour les ESMS : une aide à la décision et au suivi des activités,
– pour les tutelles : un cadre de remontée de données reflétant la création de valeur par les ESMS”.

Le projet serait structuré “autour de trois axes majeurs :
– un premier axe d’observation sur le terrain, permettant l’analyse de l’organisation et des enjeux du pilotage des ESMS au travers d’entretiens menés auprès d’ESMS, représentatifs de la diversité du secteur médico-social, et d’acteurs institutionnels
– un axe d’organisation du système de pilotage cible grâce à l’organisation de groupes de travail et l’expérimentation par des ESMS du système de pilotage.
L’organisation de l’expérimentation, en parallèle des groupes de travail, permettra la construction itérative d’un système de pilotage adapté aux besoins des ESMS, garante de la définition d’un système opérationnel.
– un dernier axe de définition des conditions du déploiement du système de pilotage, grâce à la formalisation de plans d’action s’appuyant sur les enseignements de l’expérimentation”.

Quelle est la réalité de terrain ?

Il y a certes des structures plus ou moins imposantes, structurées, disposant de compétences dans l’ensemble des domaines de la gestion, qui sont même capables de sortir des analyses de leur comptabilité analytique !

Mais, pour le plus grand nombre, quelle est la situation ?

De petites structures de quelques lits ou places, avec parfois 0,6 ou 0,8 de personnel de direction, un encadrement en personnel auprès des personnes accueillies ou hébergées des plus réduits ! Faut pas que ça coûte !

Comment gérer dans de telles conditions ? Comment piloter ? Comment mettre en oeuvre les avalanches de textes d’autant plus qu’il faut être compétent en tout domaine, du changement d’ampoule dans les toilettes à la gestion des ressources humaines, en passant par la négociation du prix des changes complets. Un peu de droit des marchés publics pour certains par ci, un peu de facturation par là, un peu de code du travail, un peu de fiscal, un peu de comptabilité…

Et le poids de l’histoire, des habitudes plus ou moins bonnes qui ont pu être prises, et la contrainte parfois insupportable de l’environnement (je ne parle pas ici des friches industrielles ou de la campagne verdoyante !) qui s’oppose parfois à toute réforme.

Vite faire le budget ! Vite s’occuper du constat de décès de madame X ! Vite trouver un plombier pour la fuite du troisième ! Vite se rendre au Conseil Général pour une éventuelle subvention ! Vite répondre à la cinquième enquête du ministère en trois jours ! Ou de la DDASS ! Vite tenter de convaincre le Président du bien fondé de telle ou telle mesure ! Vite intervenir pour éviter que les relations s’enveniment avec les familles au sujet d’un acte réel ou supposé de maltraitance ! Vite trouver une remplaçante à l’aide soignante qui est alitée à la suite d’une grippe ou d’une gastro-entérite ! Vite ! Vite !

Et l’on nous parle de “construction itérative d’un système de pilotage adapté” et pourquoi pas de stratégie !

Donner les moyens simplement de gérer ne serait déjà pas si mal !

Insuffler de manière intelligente et non pas autoritaire une volonté de coopération entre toutes les structures, serait très bien également !

Ralentir le flot continuel des réformes souvent mal pensées serait beaucoup !