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Achat SISA
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UNE SISA PEUT-ELLE ACQUÉRIR DU MATÉRIEL MÉDICAL POUR UNE PARTIE SEULEMENT DE SES ASSOCIÉS ?

 

 

Article rédigé le 10 octobre 2025 par Me Axel Véran

Plus précisément, une SISA peut-elle acquérir du matériel médical destiné à l’exercice de l’activité d’une seule partie de ses associés à partir des fonds ACI ?

La réponse est oui, mais sous certaines conditions que nous vous proposons d’examiner plus avant.

 

 

Sur la possibilité pour une SISA d’acquérir du matériel utilisé par une partie seulement de ses associés

La SISA a notamment pour objet « La mise en commun de moyens pour faciliter l’exercice de l’activité professionnelle de chacun de ses associés » (article L.4041-2, 1° du CSP).

À ce titre, elle peut agir comme une société civile de moyens (SCM) et procéder à l’acquisition de moyens matériels ou humains nécessaires à l’activité de l’ensemble ou d’une partie seulement des associés.

Ainsi, l’achat par la SISA de matériel médical bénéficiant à un nombre restreint d’associés est juridiquement possible.

Se pose toutefois la question de leur financement.

 

Sur la possibilité d’utiliser les fonds ACI pour financer un tel matériel

Le budget de la SISA, comme de toute société civile, est établi en charges et recettes.

Les fonds ACI (Accord Conventionnel Interprofessionnel), versés par l’Assurance Maladie, constituent une recette de la SISA. Ils sont la contrepartie du respect d’engagements pluriprofessionnels pris par l’équipe de soins primaires et définis dans le cadre de l’accord conventionnel.

Bien qu’ils soient traditionnellement affectés à des actions de santé publique, de coordination, d’organisation ou d’innovation, leur usage n’est pas strictement fléché par la CPAM. En l’état du droit, aucune disposition n’interdit leur utilisation pour financer du matériel destiné à l’activité d’une partie seulement des associés.

Cependant, l’usage de ces fonds à cette fin nécessite une validation par les organes compétents de la SISA :

  • Soit lors du vote du budget annuel en assemblée générale,
  • Soit, si prévu par les statuts, par décision de la gérance.

 

Appréciation d’opportunité et préconisations

D’un point de vue pratique et stratégique, le recours aux fonds ACI pour financer du matériel bénéficiant uniquement à certains associés soulève des questions de cohérence et d’équité.

Ce choix :

  • Réduit les ressources disponibles pour financer des actions véritablement pluriprofessionnelles (animation du projet de santé, coordination, actions collectives, etc.) ;
  • Peut créer un déséquilibre perçu entre les associés, en contradiction avec l’esprit collectif de la MSP.

Deux cas de figure peuvent être distingués.

Cas 1 : le matériel n’est pas intégré au projet de santé

Dans ce cas, bien que la SISA puisse juridiquement procéder à l’acquisition du matériel, il est recommandé que celui-ci soit exclusivement financé par les associés bénéficiaires.

Ce financement peut se faire :

  • Via un appel de charges spécifique ;
  • Selon des modalités et proportions définies par les associés concernés et validées par l’organe compétent.

Cas 2 : le matériel est intégré au projet de santé de la MSP

Si l’acquisition s’inscrit pleinement dans les objectifs du projet de santé, deux options s’offrent aux associés :

  • Option 1 : un financement intégral par la SISA, avec les conséquences évoquées ci-dessus (moindre disponibilité des fonds ACI pour les autres actions collectives) ;
  • Option 2 : la mise en place d’un cofinancement partagé :
    • Une partie du coût du matériel est prise en charge par la SISA ;
    • Le reste à charge est supporté par les associés bénéficiaires, via un appel de charges spécifique, selon des modalités à définir collectivement.

 

En toute hypothèse, et quel que soit le montage retenu, il convient de :

  • Prévoir une délibération formelle de l’organe compétent (Assemblée Générale ou gérance, selon les statuts) ;
  • Consigner la décision dans un procès-verbal ;
  • Faire signer le document par les associés concernés, pour assurer la traçabilité et sécuriser juridiquement l’opération.

Avocat au Barreau de Paris

Axel VÉRAN a rejoint le Cabinet Houdart & Associés en mai 2018 et exerce comme avocat associé au sein du Pôle Organisation.

Notamment diplômé du Master II DSA – Droit médical et pharmaceutique de la faculté de Droit d’Aix-en-Provence dont il est sorti major de promotion, il a poursuivi sa formation aux côtés d’acteurs évoluant dans les secteurs médical et pharmaceutique avant d’intégrer le Cabinet (groupe de cliniques, laboratoire pharmaceutique, agence régionale de santé, cabinets d’avocats anglo-saxons).

Il intervient aujourd’hui sur diverses problématiques de coopération hospitalière et de conseil aux établissements de santé, publics et privés.

Aussi le principal de son activité a trait :

A l’élaboration de montages et contrats ;
A la mise en place de structures et modes d’activités ;
Aux opérations d’acquisition, de cession, de restructuration … ;
Au conseil réglementaire ;
A la compliance.

Axel VÉRAN intervient aussi bien en français qu’en anglais.