Palantir et AP-HP : le loup devrait entrer dans la bergerie !

PALANTIR ET AP-HP : LE LOUP DEVRAIT ENTRER DANS LA BERGERIE !

Article rédigé le 9 avril 2020 par Me David Lecomte

Palantir Technologies est une start-up de la Silicon Valley, créée il y a une quinzaine d’années, et spécialisée dans l’analyse et la science des données de masse. Cette entreprise a commencé par tisser sa toile auprès des forces armées et des services de renseignement américains. La technologie Palantir d’intelligence amplifiée a même convaincu le ministère de l’Intérieur français, après les attentats de 2015. Cette technologie est sans doute la meilleure actuellement. Elle fait parler les données comme aucune autre société du Big Data ne sait le faire ! Et ce savoir-faire pourrait être précieux pour exploiter des données de patients et de leurs pathologies, dans le contexte de l’épidémie actuelle.

 

 

En effet, Palantir promet de localiser et d’analyser la propagation du virus, de gérer les pénuries de stocks au sein des hôpitaux et d’aider les autorités pour la phase du déconfinement.

Palantir a déjà acquis une expertise dans ce domaine en aidant Haïti à lutter contre l’épidémie de choléra.

Cette société de référence dans les mégadonnées serait actuellement en cours de négociation avec la France, l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne, la Grèce, la Suisse, le Canada et peut-être d’autres, pour apporter son aide et en même temps, s’imposer comme l’acteur incontournable de l’analyse de leurs données hospitalières.

Les hôpitaux français pourront-ils s’émanciper de Palantir après la crise sanitaire ? Cela est improbable dans les prochaines années au regard des offres concurrentes, en particulier européennes.

Même le Ministère de l’Intérieur en est devenu dépendant malgré le projet patriote de Cluster Data Intelligence soutenu par le GICAT.

Seulement le Ministère de l’Intérieur est davantage armé pour se protéger des « Palantirians » que ne le sont nos hôpitaux.

Entre la sélection du cloud Azure de Microsoft comme prestataire d’hébergement du Health Data Hub et le probable partenariat de Palantir avec les hôpitaux de Paris et d’autres établissements de santé, nous nous exposons inévitablement à des fuites de données de santé.

Certes, il faut faire vite et ce sont des choix d’opportunité au risque de porter atteinte à notre vie privée et au secret médical. « Les Palantirians » vous expliqueront que la société américaine n’aura pas accès aux données. Mais il ne faut pas se leurrer ! Avant la phase d’anonymisation, bien des traitements auront pu être opérés et conservés !

Les responsables institutionnels tentent de relativiser ces choix en nous expliquant qu’il ne s’agit que de briques technologiques parmi d’autres, mais à force d’additionner ces briques, nous finirons par offrir malgré nous, nos données de santé au gouvernement américain ! Ces données constituent un véritable trésor pour la Silicon Valley.

L’un des fondateurs de Palantir Technologie est aujourd’hui le conseiller numérique du président Trump !

Rappelons que le nom Palantir est inspiré des « palantiris » des ouvrages de Tolkien, dont le Seigneur des Anneaux, et que ces pierres de vision permettent à ceux qui les possèdent, de tout voir, jusque dans le cœur de ses ennemis !