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Doter le pharmacien d’un nouveau rôle : le Pharmacien en Pratique Avancée

 

La crise sanitaire a confirmé l’importance du rôle des pharmacies d’officine dans l’accès à l’offre de soins de premier recours du fait de leur proximité avec la population. 

Avec 33 officines en moyenne pour 100 000 habitants, la France bénéficie d’un réseau officinal particulièrement dense. Quatre personnes sur cinq ont accès une pharmacie dans leur commune de résidence et 97% de la population métropolitaine vit à moins de 10 minutes en voiture d’une pharmacie. 

Dans le même temps, on estime qu’environ 7 millions de français ne peuvent pas consulter un médecin plus de deux fois par an faute d’en avoir un a proximité de chez eux. Dans certains départements, 30% des habitants ont des difficultés d’accès au médecin généraliste du fait de la pénurie de praticiens. 

Les mesures prises par le gouvernement et les collectivités locales pour tenter d’enrayer la désertification médicale de certains territoires (aides à l’installation, développement du salariat et de l’exercice groupé au sein de maisons de santé pluriprofessionnelles…) ont malheureusement montré leurs limites. 

Dans ce contexte, il nous semble que l’accès au médecin (généraliste, voire spécialiste) pourrait être pensé autrement que sous le seul prisme de l’accessibilité physique. 

Certes, la téléconsultation existe déjà, mais son usage est encore limité par ses conditions de prise en charge par la sécurité sociale (même si l’UNCAM vient très récemment de les assouplir) et par la problématique de l’examen clinique, qui n’est possible que si le patient est accompagné d’un autre professionnel de santé. 

Or, le pharmacien d’officine est la profession de santé territorialement la plus accessible pour la population, y compris dans les zones touchées par la désertification médicale. Pourquoi ne pas tirer parti de cette forte présence territoriale pour faire de l’officine le point d’accès du patient à l’offre de premier recours dans les zones sous-denses ? 

Les lois hospitalières du 21 juillet 2009 et du 24 juillet 2019 ont élargi très significativement les missions des pharmaciens d’officine avec notamment le rôle de pharmacien correspondant en exercice coordonné, la dispensation sous protocole, la téléconsultation en officine ou encore certaines vaccinations. 

Mais nous pensons qu’il faut aller plus loin en créant, à l’instar de ce qui existe pour les infirmiers, un nouveau métier de pharmacien en pratique avancée. 

Ses missions, qui seraient à définir en concertation avec les ordres des professions concernées (pharmaciens et médecins) et la HAS, pourraient être pensées de manière à ce qu’il soit à la fois le relais et le « co-opérant » du médecin. 

Le pharmacien de pratique avancée pourrait par exemple : 

  • participer étroitement à l’examen clinique du patient reçu en télé consultation
  • assurer le suivi au long cours du patient et jouer le rôle de coordonnateur de son parcours de soins
  • réaliser des délégations de tâches du médecin en plus grand nombre que celles actuellement autorisées par les protocoles de coopération et dispenser dans ce même cadre des médicaments( voir cet arrêt et celui-ci)

La création de cette nouvelle spécialité nécessiterait de revoir la formation initiale et continue des pharmaciens (notamment pour qu’ils soient formés à l’examen clinique). 

Le développement de la télé consultation en officine suppose d’augmenter significativement la rémunération du pharmacien, pour l’heure très insuffisante ( le pharmacien n’est pas payé à l’acte mais perçoit une rémunération forfaitaire de plafonnée allant de 200 € à 400 € par an, quel que soit le nombre de téléconsultations ) ainsi que les aides à l’investissement pour l’aménagement des officines (création d’espace dédiés, achat de cabines de télé consultations…). 

Le pharmacien de pratique avancée ne sera ni la panacée au problème des déserts médicaux, ni un pis-aller à la pénurie de médecins, mais doit plutôt se concevoir comme un mode d’accès alternatif aux soins de premier recours. 

S’il est correctement rémunéré, ce nouveau métier pourrait aussi procurer un complément de revenu à certaines officines implantées dans les territoires ruraux et les petites villes, qui peinent actuellement à trouver leur modèle économique. 

PROPOSITIONS SUIVANTES

01 Fév: Un management adapté et spécialisé

Le Chef d’établissement doit être un visionnaire, un stratège polyvalent s’appuyant sur les compétences de directeurs adjoints hyper spécialisés. 

01 Fév: Un management sécurisé : Réforme et clarification de la responsabilité du directeur

Réforme et clarification de la responsabilité du directeur d’hôpital

01 Fév: Une politique d’intéressement déverrouillée

Déverrouiller le dispositif d’intéressement en ne fixant pas de montant plafond et en rétablissant la responsabilité aux territoires des politiques salariales complémentaires liés à des projets territoriaux.

01 Fév: Politique de valorisation des résultats de recherche pour les établissements publics de santé 

Permettre aux établissements publics de santé de pouvoir participer à la diffusion et à l’exploitation des dispositifs innovants et mettre en place un intéressement des praticiens/chercheurs.

01 Fév: Investissement : le plan Marshall des équipements sanitaires

Une des missions prioritaires de l’hôpital public est de mettre à disposition des patients du territoire un plateau technique adapté et intégrant les moyens les plus innovants.

01 Fév: Sécuriser les MSP : la création d’une SISA ARL

Création d’une SISA ARL afin que les professionnels de santé libéraux disposent d’un outil juridique qui leur garantit une protection efficace de leur patrimoine. 

01 Fév: Favoriser la rénovation de la régulation des soins non programmés

Ensemble de mesures afin de rénover de la régulation des soins non programmés.

01 Fév: Harmoniser la fiscalité notamment des MSP

Revoir l’exonération de la taxe foncière de toutes les MSP

01 Fév: Créer un statut du praticien de territoire

Création d’un socle contractuel unique et territorial, qui pourrait être encadré par la CPTS, afin de faciliter l’exercice multifacettes des praticiens.

01 Fév: Les fondations : service public hospitalier, service d’intérêt général de la santé et territoire

Redéfinir le service public hospitalier et encadrer le service d’intérêt général des acteurs d’un territoire

PROPOSITIONS SUIVANTES

Nicolas Porte, avocat associé, exerce son métier au sein du Pôle organisation du Cabinet Houdart & Associés.

Après cinq années consacrées à exercer les fonctions de responsable des affaires juridiques d’une Agence Régionale de Santé, Nicolas PORTE a rejoint récemment le Cabinet Houdart et Associés pour mettre son expérience au service des établissements publics de santé et plus généralement, des acteurs publics et associatifs du monde de la santé.

Auparavant, il a exercé pendant plus de dix années diverses fonctions au sein du département juridique d’un organisme d’assurance maladie.

Ces expériences lui ont permis d’acquérir une solide pratique des affaires contentieuses, aussi bien devant les juridictions civiles qu’administratives, et d’acquérir des compétences variées dans divers domaines du droit (droit de la sécurité sociale, droit du travail, baux, procédures collectives, tarification AT/MP, marchés publics). Ses cinq années passées en ARS lui ont notamment permis d’exercer une activité de conseil auprès du directeur général et des responsables opérationnels de l’agence et développer une expertise spécifique en matière de droit des autorisations sanitaires et médico-sociales (établissements de santé, établissements médico-sociaux, pharmacies d’officines) et de contentieux de la tarification à l’activité.