Coronavirus : la fin de l’ultra-individu ?

CORONAVIRUS : LA FIN DE L’ULTRA-INDIVIDU ?

Article rédigé le 18 mars 2020 par Me Stéphanie Barré-Houdart

L’épidémie que nous traversons car nous la traverserons et la vaincrons – mais nous ne savons encore à quel prix – nous révèle l’évidence : l’importance, que dis-je, la nécessité absolue du lien social.

Ce lien que nos sociétés s’emploient à ignorer voir à abîmer préférant croire que la communion d’intérêts personnels suffit à satisfaire nos besoins et aspirations égoïstes.

Pourtant ce lien fondé sur un principe essentiel à notre survie, la solidarité, est le seul qui peut collectivement nous soutenir. C’est ce lien social qui a créé nos institutions publiques réservées non pas à quelques-uns mais ouvertes à tous pour les assister, les protéger, les soigner.

La première de ces institutions est le service public hospitalier.

Nous nous en remettons aujourd’hui à sa toute puissance voulant croire que le système sanitaire français reste le meilleur au monde.

Que sur notre territoire, tous nous serons accueillis et traités. Nous exigeons en particulier un hôpital généreux, performant, accessible…

Et malgré les épreuves qu’il a endurées, les plans de redressement financier sans fin aussi efficaces que les purges infligées aux corps malades sous l’ancien régime, l’hôpital est présent, central, inébranlable.

Tous les corps professionnels sans exception se mobilisent pour le bien commun.

Nous attendons des soignants qu’ils nous réconfortent, qu’ils s’occupent de nous, de nos parents, de nos amis quand nous sommes faibles, malades, quand nous avons peur.

Nous leur demandons ce que nous refusons souvent : qu’ils nous reconnaissent comme leurs frères humains quels que soient notre apparence, notre statut, nos vices et nos vertus.

L’autre redevient essentiel, non pas l’image de l’autre, non pas l’ « autre soi-même », mais l’autre qui vous apaise et qui s’oublie pour vous.

Alors, ne les décevons pas, que nos actes ne soient pas motivés par le repli sur soi et la peur.

Réservons nos forces car nous devrons reconstruire une société plus juste, plus réelle, plus solidaire.

Le Covid-19 aura au moins une vertu : démontrer que la somme d’intérêts égoïstes ne crée jamais une société capable d’affronter les tempêtes, seulement une société de radeaux de la méduse.